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Nettoyage de toiture à Béthune : les conseils de Marc d’Appart Zone

Nettoyage de toiture à Béthune : « Ici, une toiture s’encrasse deux fois plus vite qu’à Lyon »

Marc Malhuretin est consultant en travaux / immobilier et intervient régulièrement sur Appart Zone. Entre l’humidité de l’Artois, l’héritage du bassin minier et les toitures en fibrociment des maisons des années 60, le démoussage dans le Béthunois n’a rien d’une opération standard. Il nous explique pourquoi, et surtout comment éviter les erreurs qui coûtent cher.

Pourquoi les toitures du Béthunois se salissent-elles autant ?

Marc, on a vraiment plus de mousse ici qu’ailleurs, ou c’est une impression ?

Ce n’est pas une impression, c’est de la météorologie. La mousse a besoin de trois choses : de l’humidité, de la fraîcheur et peu de lumière directe. Le Béthunois coche les trois cases. On est autour de 750 à 800 mm de pluie par an, réparties sur beaucoup de jours, avec une hygrométrie qui ne redescend jamais vraiment, et un ensoleillement modeste.

Ajoutez à ça une région très plate et très boisée par endroits, donc peu de vent séchant au niveau des toitures dans les lotissements, et vous obtenez des conditions idéales pour les mousses, les lichens et les algues.

Ça se traduit comment en fréquence d’entretien ?

Là où on conseille un démoussage tous les huit à dix ans dans le sud de la France, ici il faut compter tous les trois à cinq ans. C’est le chiffre que je donne aux propriétaires du Béthunois et il fait toujours tiquer, mais c’est la réalité du terrain.

Il y a des zones plus touchées que d’autres ?

Le versant nord, systématiquement. Sur beaucoup de maisons je vois un versant sud presque propre et un versant nord entièrement vert. Ça n’a rien d’anormal, mais ça veut dire qu’il ne faut pas se fier à ce qu’on voit depuis la rue. Faites le tour de la maison avant de conclure que votre toit va bien.

Et puis il y a l’effet des arbres. Dans les communes très arborées autour de Béthune, un chêne ou un tilleul qui surplombe la toiture, c’est de l’ombre permanente plus des feuilles qui s’accumulent dans les noues. Ces deux facteurs réunis accélèrent tout.

L’héritage minier : un facteur que personne ne mentionne

Le passé industriel de la région joue un rôle ?

Il joue un rôle qu’on sous-estime largement. Le bassin minier a laissé derrière lui deux choses qui concernent directement les toitures.

La première, c’est l’encrassement. Pendant des décennies, les retombées de poussières industrielles et de suies se sont déposées sur les couvertures. Sur une tuile en terre cuite, cette couche sombre et poreuse est un support parfait pour la végétation. Les toitures anciennes du Béthunois se colonisent plus vite que des toitures neuves équivalentes. Ce n’est pas seulement une question d’âge du matériau.

La seconde, ce sont les mouvements de terrain liés aux anciennes exploitations. Dans certains secteurs, les affaissements ont fait travailler les charpentes. Résultat : des tuiles légèrement désolidarisées, des faîtages qui se fissurent, des points où l’eau s’infiltre.

En quoi est-ce que ça change la manière de nettoyer ?

Ça change tout, parce qu’un couvreur qui envoie de la pression sur une couverture déjà fragilisée va transformer une micro-fissure en fuite. Sur ces secteurs, l’inspection préalable n’est pas une formalité commerciale, c’est le cœur du travail. Un professionnel sérieux monte, regarde, et vous dit ce qu’il faut réparer avant de nettoyer.

Le point qui doit vous alerter : le fibrociment

Vous insistez beaucoup sur ce sujet.

Parce que c’est le vrai danger de la région, et qu’il concerne énormément de maisons ici.

Le Béthunois compte un parc important de logements construits entre les années 1950 et 1990, avec beaucoup d’ardoises artificielles en fibrociment, sur les habitations comme sur les garages, les appentis et les dépendances. Or, avant 1997, le fibrociment contenait de l’amiante.

Et le nettoyage haute pression sur ce matériau ?

C’est interdit car c’est dangereux. Projeter de l’eau sous pression sur une plaque en amiante-ciment libère des fibres dans l’air. Vous contaminez votre jardin, la façade, la terrasse, et l’opérateur respire le tout. Ce n’est pas une précaution théorique, c’est un risque sanitaire caractérisé et encadré par la réglementation.

Comment savoir si on est concerné ?

Règle simple : si votre couverture ressemble à des ardoises mais que la maison date d’avant 1997, considérez qu’il y a de l’amiante jusqu’à preuve du contraire. Un diagnostic amiante avant travaux lève le doute.

Et surtout, si une entreprise vous propose de « nettoyer les ardoises » de votre maison de 1972 au karcher sans poser la question, arrêtez la discussion. Ce n’est pas un professionnel.

Haute pression ou pas ? La question qui fâche

Même sur de la tuile, la haute pression est-elle une bonne idée ?

Rarement. Une tuile en terre cuite est recouverte d’un engobe, une fine couche qui la rend imperméable. Un jet à 150 bars décape la mousse, mais il décape l’engobe avec. Vous vous retrouvez avec une tuile poreuse qui absorbe l’eau, gèle plus facilement en hiver, et se recouvre de mousse deux fois plus vite qu’avant. Le toit est magnifique pendant dix-huit mois puis il se dégrade à toute vitesse.

Quelle est la bonne méthode alors ?

Une pression modérée, orientée dans le sens de l’écoulement, jamais sous les tuiles, complétée par un brossage manuel là où c’est nécessaire. Ensuite un traitement anti-mousse qui va tuer les spores en profondeur, avec un temps d’action de plusieurs semaines. Et éventuellement, une fois la couverture propre et sèche, un hydrofuge.

L’hydrofuge, ça vaut le coup dans notre climat ?

Dans le Nord, oui, c’est probablement l’endroit de France où il se justifie le plus. Il limite l’absorption d’eau, donc les dégâts du gel, et il retarde nettement le retour de la mousse. On gagne facilement deux à trois ans avant la prochaine intervention.

Une réserve importante : si vous prenez un hydrofuge coloré et que vous êtes dans le périmètre de protection d’un monument historique, notamment autour du beffroi et du centre ancien de Béthune, changer la teinte de votre toiture peut nécessiter une déclaration préalable et l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Renseignez-vous en mairie avant, pas après.

Quand faire intervenir, et à quel prix

Y a-t-il une bonne période dans l’année ?

Le printemps et le début d’automne. Avril-juin ou septembre-octobre. Il faut plusieurs jours sans pluie pour que le traitement agisse et que la toiture sèche avant l’hydrofuge, ce qui, ici, demande de surveiller la météo.

Ce qu’il faut éviter absolument, c’est de faire nettoyer en plein hiver. Vous saturez la couverture d’eau juste avant une période de gel. On compte une quarantaine de jours de gel par an dans le secteur, et l’eau qui gèle dans une microfissure fait éclater la tuile. J’ai vu des toitures sortir d’un hiver en plus mauvais état qu’avant le nettoyage pour cette raison.

Les tarifs qu’on peut attendre ?

Pour un démoussage avec traitement, comptez généralement entre 15 et 25 euros du mètre carré dans la région, et 25 à 40 avec hydrofuge, selon l’accès, la pente et l’état de départ. La TVA est à 10 % pour un logement de plus de deux ans, et c’est l’entreprise qui l’applique directement sur la facture.

Vous pourrez trouver un professionnel du nettoyage de toiture à Béthune sur notre site.

Existe-t-il des aides ?

Non, c’est important de le dire clairement. Le nettoyage de toiture est de l’entretien, pas de la rénovation énergétique. Aucun dispositif public ne le finance. Si quelqu’un vous parle d’une aide, d’un dispositif régional ou d’un « programme » pour votre démoussage, c’est une arnaque.

Le démarchage : la plaie de la région

Vous en voyez beaucoup ?

Énormément, le Pas-de-Calais est particulièrement visé. Le scénario est toujours le même : quelqu’un sonne, explique qu’il travaille « sur le chantier d’à côté », qu’il a vu de la mousse depuis la rue, et qu’il peut faire un prix parce que le matériel est déjà sur place. Puis il monte, redescend avec des photos alarmantes, et le devis passe de 800 à 6 000 euros.

Comment se protéger ?

Ne signez jamais le jour même, quelle que soit la pression. Demandez le numéro SIRET et vérifiez l’attestation d’assurance décennale en cours de validité. Exigez un devis détaillé qui distingue le nettoyage, le traitement et les éventuelles réparations. Et faites systématiquement chiffrer par deux entreprises locales implantées depuis plusieurs années.

Une entreprise du Béthunois qui a pignon sur rue n’a aucun besoin de faire du porte-à-porte. Ça devrait suffire à trancher.

Un dernier conseil ?

Profitez du passage du couvreur pour faire vérifier les gouttières et les descentes. Ici, elles se bouchent avec la mousse morte et les feuilles, l’eau déborde, et vous vous retrouvez avec des infiltrations en pied de mur qui vous coûteront bien plus cher que le nettoyage lui-même. C’est dix minutes de travail en plus pendant que l’échelle est déjà en place.